A l'UMP, les initiatives fiscales des uns font le malheur des autres

Publié le par Vivre Ensemble


Encore un coup de couteau au Français


C'est l'invité surprise des journées parlementaires de l'UMP qui s'ouvrent, jeudi 24 septembre, au Touquet (Pas-de-Calais). A la veille du début des travaux, le président du groupe UMP de l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, a annoncé, dans un entretien aux Echos, que les indemnités journalières versées aux salariés en cas d'accident du travail seraient désormais fiscalisées.

La proposition, certes, n'est pas nouvelle. A plusieurs reprises, déjà, l'UMP avait été tentée de l'introduire dans le débat budgétaire. Comme en 2005. Et c'est... Jean-François Copé, à l'époque ministre délégué au budget, qui avait refroidi les ardeurs de la majorité d'alors : "Personne ne comprendrait que l'on engage la fiscalisation des victimes d'accident du travail", déclarait-il à la tribune du Sénat.

Aujourd'hui, il le "comprend". D'autant mieux qu'il a visiblement voulu "jouer un coup" avant ces journées parlementaires qui vont mettre en évidence les relations, ou plus exactement les rapports de forces, entre l'exécutif et le législatif. Le "patron" des députés de l'UMP ne cesse de vouloir imprimer sa marque. Il voulait absolument que les textes sur le financement du budget et de la Sécurité sociale intègrent des dispositions dont il revendique la paternité.

Le ministre du budget, Eric Woerth, l'a laissé marquer son territoire. Mercredi matin, au petit-déjeuner de la majorité, qui s'est tenu à Matignon en l'absence du président de la République, François Fillon a confirmé son "accord". Le soir, depuis New York, Nicolas Sarkozy a, à son tour, avalisé, la proposition. "Pourquoi cette indemnité serait exonérée d'impôt si c'est un revenu de remplacement de votre travail ?", s'est interrogé le président lors de son intervention télévisée sur TF1 et France 2, alors que la gauche et les syndicats dénoncent une "nouvelle injustice sociale". Au dîner qu'il a offert ensuite à la presse, M. Copé ne cachait pas sa satisfaction.

Grincements de dents

Pourtant, les dents grincent dans les rangs de l'UMP. Le premier à s'être ouvertement exprimé est le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, qui ne mâche pas ses mots. Pour lui, "c'est nul". Il ne "comprend pas qu'on puisse s'en prendre à ceux qui souffrent déjà dans leur chair". Question de principe. Et aussi de raisonnement politique. Le président de l'Assemblée redoute "l'effet désastreux" qu'aura, à ses yeux, cette mesure, venant s'ajouter à d'autres. "La contribution climat-énergie, qu'on n'aurait jamais dû appeler taxe, on peut, on doit l'expliquer. L'augmentation du forfait hospitalier, on peut la justifier. Mais en s'en prenant aux indemnités d'accidents du travail, alors qu'au même moment on a renoncé à plafonner les niches fiscales, on va en prendre plein la figure. Bon courage ! Sarkozy et Fillon n'auraient jamais dû laisser passer cela", s'insurge-t-il. Jacques Le Guen, député du Finistère, parle de "nouveau coup de ciseau dans le pacte social" et prévient qu'il ne votera pas la mesure. Le directeur de campagne de l'UMP pour les élections régionales, Franck Riester, partage les mêmes inquiétudes. "Ce n'est pas ce que les gens attendent. Je ne sais pas pourquoi il a sorti ça, remarque le député de Seine-et-Marne. Je pense que c'est une grosse connerie."

D'autres, durant ces deux jours, sont susceptibles de partager l'appréciation car en cette rentrée parlementaire, le parti majoritaire est en plein trouble fiscal. Il s'inquiète de la forte dérive des déficits de l'Etat et de la Sécurité sociale mais a du mal à assumer, six mois avant les élections régionales, des mesures d'ajustement qui ne sont guère revendiquées par l'exécutif.

Nicolas Sarkozy continue de réfuter la rigueur et de promettre que les prélèvements obligatoires n'augmenteront pas. Ce qui ne l'empêche pas de prendre des initiatives fortes comme cette taxe carbone qui sème le trouble parce que, dans l'opinion, elle est assimilée à un nouvel impôt. Conscient du malaise, le président de la République a dû, depuis New York, justifier une nouvelle fois sa décision. "Nous sommes la dernière génération à pouvoir décider de limiter l'augmentation de la température de la planète. Après, ce sera trop tard", a-t-il fait valoir mercredi.

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