La France est-elle un pays verrouillé ?

Publié le par Agir Ensemble

La France est-elle un pays verrouillé ?

Pendant longtemps, il fut question en France de la "société bloquée" : une société immobile alors même qu'elle devait bouger. Une étape supplémentaire dans l'immobilisme a-t-elle été franchie ?

A Marseille, face à des marchés publics pouvant faire l'objet de soupçons d'irrégularités, les observateurs décrivent un "système féodal" à base de clientélismes, de pressions, de recrutements "judicieux", de subventions arbitraires ... Ce dispositif est-il "propre" à Marseille ? Combien d'autres localités, grandes et petites, sont-elles désormais des caricatures de verrouillage ?

Au moment où la présidentielle 2012 démarre, l'examen des profils des candidats atteste que la politique est à l'ère glaciaire

: des professionnels de la politique qui tentent le "coup de plus". DSK battu en 2007 lors des préliminaires tente de se relancer. Aubry et Hollande n'étaient même pas en situation d'être candidats en 2007. Mais là ils tentent leur chance. Royal battu en 2007 "remet le couvert". A droite, il en est de même à une exception près : Dominique de Villepin qui va vivre sa première candidature personnelle. Il incarne le seul "neuf" dans l'aventure.

 

Les mesures nouvelles ? Il faut aller les chercher aux extrêmes pour l'instant mais, par leurs sources, elles sont considérées comme inapplicables. Tout le reste semble du national-poujadisme : flatter un système à bout de souffle en l'alimentant de mesures ponctuelles pour plaire à des électorats ciblés.

Il n'y aurait donc de choix qu'entre le romantisme stérile des orages annoncés par des extrêmes et le politiquement correct des forces politiques dites de "gouvernement" qui, ayant toutes échoué depuis plusieurs décennies, ont gagné sur le terrain de leurs échecs ... leurs galons de compétence.

Ce bref portrait montre que la situation actuelle a atteint ses limites. Les signes annonciateurs d'un ouragan électoral sont nombreux : 2012 : un ouragan électoral ...

Pour autant, personne ne prend encore le risque de présenter le programme précis pour dé-verrouiller : mesures contre la professionnalisation du corps politique (non cumul + limitation à deux mandats de suite), conditions du retour de l'Etat sur les terrains locaux comme contre-pouvoir garant de la légalité républicaine, pouvoir réel des chambres régionales des comptes ...

La France est-elle un pays verrouillé au point que le fatalisme du statu quo se soit installé à ce niveau sans précédent ? L'examen des mesures de la plus jeune formation politique (République Solidaire) sera un test intéressant pour voir la liberté de propositions qui existe désormais. d.Bonzy

 

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