La République solidaire de Villepin est lancée

Publié le par Agir Ensemble

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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"Un mouvement neuf", "un mouvement indépendant", "non pas un parti de plus, mais un mouvement de rassemblement, au dessus des partis, ouvert à tous... Ce samedi 19 juin, devant quelques 6000 personnes -selon les organisateurs- une poignée de ses plus fidèles soutiens et des centaines de journalistes français et étrangers, Dominique de Villepin donne le coup d'envoi de son mouvement, de sa République Solidaire.

Dans la Halle Freyssinet, dans le 13e arrondissement de Paris, quelques banderoles "La Dordogne avec Villepin", ou encore "Bergerac avec Villepin". La foule, largement vêtue de t-shirts blancs portant l'inscrpition "Tous solidaires" et de badges "Je soutiens Dominique de Villepin", entonne une série de " Villepin Président! Villepin Président! "

Durant près d'une heure et demie, sans dire mot de sa candidature à l'élection présidentielle de 2012, celui-ci se pose en "alternative". A qui ? Si le nom de son éternel rival, Nicolas Sarkozy, n'est jamais prononcé, le discours de l'ancien Premier ministre est empreint d'attaques à l'adresse du chef de l'Etat. "Nous n'acceptons pas les dérives du débat sur l'identité nationale", "nous n'acceptons pas les petits jeux tactiques de l'ouverture", "nous n'acceptons pas qu'un gouvernement se lance dans une fuite en avant sécuritaire et que le karcher tienne lieu de politique", lance Dominique de Villepin. Avant d'enfoncer le clou: "Le rendez-vous présidentiel de 2007 a été une occasion perdue de dénouer le drame des divisions françaises.

Restaurer la confiance  et retrouver la voix de la France dans le monde. Parmi les priorités évoquées

 

"source L'express"

Publié dans L'intercommunalité

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Lettre ouverte de Nicolas Stoquer à Dominique de Villepin 26/06/2010 09:02


Monsieur le Premier ministre,
Nombreux sont ceux qui, au sein de notre famille politique, attendaient avec une impatience non dissimulée le discours fondateur que vous deviez prononcer ce 19 juin, date de création de votre
mouvement politique, République solidaire. La date, fort bien choisie, rappelait votre attachement à la pensée et à l’action du chef de la France libre, ce général deux étoiles à titre temporaire
qui, un certain 18 juin 1940, a dit « non » au renoncement et rendu l’espoir aux Français.
La réputation, pour le moins flatteuse, qui vous précédait dès qu’il s’agissait d’aborder les questions d’indépendance nationale et de défense des intérêts supérieurs de la Patrie, avait fini par
en convaincre plus d’un de la nécessité de vous accompagner dans votre démarche politique au service d’une certaine idée de la France. L’Homme du discours du 14 février 2003 devant le conseil de
sécurité des Nations Unies rassurait sur ses convictions et donnait une dimension charismatique à son engagement.
La noblesse oblige, la légitimité commande d’être à la hauteur de ces cimes sur lesquelles le destin vous a, ce jour-là, placé. Vous vouliez donc rompre avec les pratiques en cours au sommet de
l’Etat et offrir une alternative politique à l’action suivie par l’actuel gouvernement. Vous vouliez vous affranchir du cadre contraignant de l’UMP, touchant du doigt les limites d’une action
authentique qui ne soit pas que du semblant, au sein du parti du président.
Au commencement, il y aurait, dites-vous, une prise en compte des inquiétudes des Français. « Oui, j’entends la frustration et je sais l’inquiétude de ceux qui ont choisi le vote extrême le 21
avril 2002, de ceux qui ont dit non à l’Europe libérale et lointaine lors du référendum de 2005 ». Et aussi une écoute de « tous les Français qui, élection après élection, ne votent plus. Une
moitié de la France. De tous les Français qui ne se sentent plus représentés par les partis politiques et qui veulent retrouver tout leur rôle et toute leur place. De tous les Français qui ont le
sentiment que leur parole a été confisquée et qui veulent se faire entendre ». Une vision enfin : « Et j’ai vu l’humiliation d’ouvriers qui ont construit une vie de travail et qui du jour au
lendemain sont expulsés de leur usine, comme s’ils avaient moins de prix que les machines et les stocks. J’ai vu, à l’heure de la valse des milliards pour sauver les banques, la colère de tous ceux
qui ont le sentiment de devoir payer pour une crise dont les responsables se tirent toujours à bon compte »
Il y a ensuite une analyse lucide de la situation : « On voulait croire le marché infaillible, il ne l’est pas. On voulait croire que les États ne feraient pas banqueroute. Ils le peuvent ». Ou
encore : « Aujourd’hui l’Europe donne le sentiment que la préservation des intérêts des peuples d’Europe passe souvent derrière la défense de dogmes ultralibéraux : politique de la concurrence,
démantèlement de nos monopoles de services publics, dérégulation du marché agricole ». Et même : « La croissance, c’est l’emploi »
Il y a enfin, attitude très gaullienne, le refus : « Nous n’acceptons pas que soit démonté brique à brique ce qui fonde notre République Démocratique et Sociale, née dans l’épreuve au sein du
Conseil National de la Résistance. Nous n’acceptons pas qu’un gouvernement laisse filer les déficits et la dette au prix de graves inégalités. En cinq ans, la France sera mise à la merci de ses
créanciers. Nous n’acceptons pas que l’État puisse se mettre au service de l’intérêt particulier et que l’argent puisse prendre le pas sur l’intérêt général. Nous n’acceptons pas qu’on touche à
l’indépendance de la France, en revenant dans le commandement intégré de l’OTAN ». Un refus fondé sur des convictions qui se veulent inébranlables : « Quand la France se renie, ce n’est pas la
France. Car nous croyons au destin de la France ».
Vous avez voulu placer votre discours sous le signe de la vérité. Il doit donc être celui des choix assumés. Or, votre discours, vous ne pouvez l’ignorer, vous fait en quelque sorte obligation
d’investir pleinement, maintenant et à l’avenir, le champ politique délimité et occupé depuis vingt ans par la famille souverainiste. Car enfin, qui, depuis au moins le référendum de 1992 sur le
traité de Maastricht, a passé le plus clair de son temps à dénoncer cette Europe de Bruxelles si contraire à nos intérêts vitaux et aux exigences de notre souveraineté nationale ? Qui a critiqué
inlassablement cette idéologie libre-échangiste charriant des dogmes ultra libéraux importés d’outre manche et à mille lieux de notre génie national ? Qui s’est opposé, avec constance et
acharnement, à la perte de l’indépendance nationale dans des organismes militaires intégrés, qu’ils soient à l’échelon européen ou de l’Atlantique Nord ? Qui a refusé cette idéologie mondialiste
dont les dérives financières mettent en danger de mort les économies nationales, les Etats mêmes ? Qui a alerté sur le démantèlement de notre modèle national, fait de solidarité, de service public,
d’interventionnisme industriel et en même temps d’initiatives privées et de maitrise des technologies les plus innovantes ? Les souverainistes vous le diront, unanimes cette fois-ci : ce sont eux,
et eux seuls !
C’est chez eux aussi que vous trouverez les solutions aux maux dont est accablé notre pays aujourd’hui ! Monsieur le Premier ministre, si les Français ont dit « non » en 2005 par référendum à la
constitution européenne, il ne sert à rien d’y revenir, non, c’est non ! Le traité de Lisbonne devient, de facto, une forfaiture. Monsieur de Villepin, le patriotisme économique ne peut s’envisager
qu’au niveau national à défaut d’imaginer une chimérique patrie européenne. L’Europe ne sera jamais la terre des pères, c’est celle qui fait remonter jusqu’à nous le cri du sang versé par les fils
! Monsieur le président de la « République Solidaire », notre modèle économique et social ne peut s’appuyer face à la mondialisation que sur l’Etat nation aux pouvoirs régaliens respectés et
pleinement restaurés. Un Etat qui se voit privé du droit de battre monnaie, d’encadrer le crédit, de contrôler les changes n’est plus un Etat digne de ce nom ! Une Nation qui n’a plus les moyens de
se protéger contre la concurrence et les visées hégémoniques de ses voisins, qui ne peut plus défendre son agriculture, son industrie, sa culture, est condamnée à brève échéance à disparaître. Une
société qui n’assure plus la sécurité, tant physique que psychologique, de ses membres tombe irrémédiablement dans la décadence et ceux qui la composent, dans l’esclavage.
« Nous, citoyens rassemblés, de toutes origines, de toutes conditions, pour dire une seule chose : nous voulons vivre ensemble, rebâtir une nation et incarner une certaine idée de la France » est
la justification ultime de votre Rassemblement, qui se veut de mission. Alors Monsieur le Premier ministre, encore un effort si vous voulez devenir un authentique gaulliste, comme semblent vous y
pousser tant votre réflexion, vos convictions les plus profondes que votre tempérament politique, que vous affichez avec un enthousiasme communicatif. Vous y trouverez dans notre famille politique
des militants dévoués, sincères, débordant d’énergie, imaginatifs, soucieux de continuer l’aventure nationale et dont l’idéal n’a pas été sali par une pratique politicienne faite d’ambitions
personnelles et de trahisons successives. Et vous ravirez aussi nombre de vos soutiens actuels qui vous poussent depuis le début à franchir ce Rubicon politique. Vous mettrez enfin vos actes en
adéquation avec vos paroles, sans crainte de déplaire car sans souci de plaire, assumant pleinement le mandat historique que la nation vous a peut-être délivré un soir de février 2003 lorsque,
renouant avec la mission singulière de la France, vous aviez su poser un acte politique fort au sein même du concert des nations, un acte qui fit date et vous a donné une légitimité à la condition
que votre projet d’aujourd'hui soit à la hauteur de votre discours d’hier !
Nicolas STOQUER, Président du Rassemblement Pour La France.