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Le Grand Journal de Canal + signe un record d'audience avec Dominique de Villepin (2)

Publié le par Agir Ensemble

Suite et fin de l'intervention de Dominique de Villepin, lundi dernier au Grand Journal de Canal +.

L'ancien Premier Ministre a rappelé sa détermination à incarner une alternative politique républicaine: "Je me bats depuis 4 ans pour proposer une alternative aux Français. Vous savez, moi j'ai fait un choix clair. Je ne me suis pas réveillé il y a 15 jours ou il y a 3 mois.

J'ai dit clairement que la politique qui est menée n'est pas la bonne politique pour la France et je suis fidèle à ce que je pense. Je ne souhaite pas que quiconque préconisant cette politique puisse continuer 5 ans de plus."

Sur ses deux rencontres à l'Elysée avec Nicolas Sarkozy

Ce sont des relations républicaines. Ca veut dire que le Président de la République vous appelle un lundi matin en vous disant: "il y a une crise très grave qui se déroule en Libye. J'aimerais avoir votre avis". Eh bien vous ne vous dérobez pas, vous êtes ancien Premier Ministre, vous avez une certaine expérience de la vie diplomatique, vous donnez votre avis très humblement, sans prétention. Le Président, à partir de là, mène la politique qu'il entend mener. Mais voilà, il n'y a aucune ambiguïté, il n'y a pas de secret, il n'y a rien de caché.

Sur les chances de réélection de Nicolas Sarkozy

Vous connaissez l'adage: tout est possible en politique. Et c'est le choix des Français, c'est la liberté des Français. (...)

Je me bats depuis 4 ans pour proposer une alternative aux Français. Vous savez, moi j'ai fait un choix clair. Je ne me suis pas réveillé il y a 15 jours ou il y a 3 mois. J'ai dit clairement que la politique qui est menée n'est pas la bonne politique pour la France et je suis fidèle à ce que je pense.

Je ne souhaite pas que quiconque préconisant cette politique puisse continuer 5 ans de plus. Ca, de ce point de vue là, c'est clair !

Sur la référence au gaullisme

Sauf à vouloir faire en sorte que le gaullisme rapetisse tout à coup et se retrouve au centre de la vie nationale, les gaullistes ne sont pas centristes. (...)

C'est très émouvant de visiter la maison natale (du Général de Gaulle). (...)

Le gaullisme n'est ni de gauche ni de droite: vous connaissez vos classiques. (...) Toute tentative pour me mettre dans une boîte est vouée à l'échec.

Sur le documentaire "Le grand bal des menteurs" diffusé mercredi soir sur Canal +


Le grand bal des menteurs 

Sur le livre de Robert Ménard, "Vive Le Pen !" 

Moi d'abord, j'aurais mis un point d'interrogation mais pas un point d'exclamation sur le titre. Après tout, qu'on se pose la question, pourquoi pas? Je suis pour les questions, avant d'asséner toute autre certitude qui peut effectivement apparaître comme une provocation. 

Mais je ne suis pas d'accord non plus avec Jean-Michel Apathie sur les lois mémorielles. Il y a dans notre pays une législation très sévère qui condamne les discriminations, qui condamne le racisme, qui condamne l'antisémitisme. Les lois mémorielles légifèrent dans un domaine qui est celui de la mémoire, qui à mon sens, ne doit pas être celui de la loi. Et on voit à quel point, en s'engouffrant dans ce domaine de la mémoire, eh bien nos législateurs sont entrés dans un univers qu'ils ne maîtrisent pas et qui peut conduire à toute sorte d'abus.

Donc soyons très sévères dans l'application des règles, des lois qui sanctionnent un certain nombre de comportements. Evitons de légiférer dans le domaine de la mémoire, parce que justement, le débat, la question, l'histoire ne doit pas s'arrêter et elle doit continuer à se faire. Et une société qui bloquerait à travers trop d'interdits la réflexion, la recherche historique, eh bien, c'est une société qui se figerait dans des certitudes ou dans des convenances qui n'ont pas lieu d'être.

Sur la provocation artistique

C'est la responsabilité de l'artiste. En tout cas, personne n'a à fixer des limites. L'oeuvre d'art, c'est celui qui la regarde, c'est le public qui fixe les limites à partir du goût, à partir de son appréciation. Vouloir instaurer un ordre moral en matière d'art, c'est tuer l'art. (...)

Vous prenez un exemple intéressant, mais il n'est pas interdit de s'interroger, y compris dans notre rapport à l'histoire. Vous parlez d'Hitler. L'un des plus grands peintres allemands a fait son premier travail en sortant de l'Académie des Beaux-Arts, Anselm Kiefer, sur la représentation de lui-même devant la mer, devant un pont, devant une grande ville, en saluant avec l'uniforme d'Hitler. 

Mais l'art est une question. Si vous supprimez la question dans l'art, vous supprimez l'art. Et c'est là où il faut se méfier, là encore, des certitudes. (...) Il s'agit tout simplement d'être capable de savoir distinguer l'art, la morale, la création: ce sont des mondes différents. (...) 
Le mauvais goût évolue: ce qui scandalisait au 17ème siècle ne scandalise plus au 18ème et est adoré au 19ème et sera vénéré au 23ème. Ayons un tout petit peu de modestie par rapport à l'art et sachons chacun nous situer et nous interroger par rapport à l'art. Pas de police en matière d'art !

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