Villepin et Royal débattent à Grenoble

Publié le par Agir Ensemble

presidentielle-2012-cette-election-sera-differente--jpg

ETATS GÉNÉRAUX DU RENOUVEAU À GRENOBLE 

Questions sur la prochaine présidentielle à Dominique de Villepin... 

M. de Villepin, si on vous dit 2012 ?


« Cette élection sera différente des précédentes. Les Français ont conscience de la gravité des enjeux. Les affrontements idéologiques sont épuisés. Contre les surenchères, à droite comme à gauche, la seule solution c'est d'avancer sur le terrain des propositions, avec audace et esprit d'ouverture.
C'est tout l'intérêt de ces "États généraux du Renouveau".

C'est une question que chaque citoyen devra se poser : sommes-nous capables de faire face ensemble aux défis que nous lance la mondialisation, ou allons-nous encore nous refermer sur des positions dogmatiques » 

Et pour vous, 2012 ?

«Je souhaite avancer sur la base d'un projet alternatif de rassemblement autour des valeurs gaullistes et républicaines. Je travaille donc sur ce projet et je ne mettrai pas la charrue avant les bœufs»
Le Dauphiné

Villepin et Royal débattent à Grenoble

L'un veut renforcer la République, l'autre insiste sur la démocratie sociale : l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin et la candidate aux primaires PS Ségolène Royal ont confronté leurs visions politiques, vendredi, à Grenoble, avec en toile de fond la présidentielle 2012. Débat policé, échanges courtois, "Ségolène" et "Dominique" se sont exprimés pendant près de deux heures dans le cadre des états généraux du Renouveau, organisés à Grenoble par les journaux Libération, Marianne et la fondation Jean Jaurès.

Premier à s'exprimer, le dirigeant de République solidaire, costume gris et chemise claire, a dit son inquiétude devant "l'impuissance" du système actuel et a livré ses propositions pour moderniser les institutions. Il a notamment préconisé un exécutif resserré avec "une dizaine de grands portefeuilles ministériels", la création de "huit, dix grandes régions" au lieu des vingt-deux existantes, et un élargissement du suffrage universel pour les présidents de région. À l'autre bout de la table, Ségolène Royal, étole rouge sur tailleur noir, a décliné son credo social et populaire : "La République est un combat pour remettre le peuple au coeur de la décision politique", a-t-elle déclaré, en prônant "une certaine radicalité".

Devant un auditoire attentif de plusieurs centaines de personnes, les deux responsables se sont - très poliment - accrochés sur la question de l'interdiction des licenciements boursiers, un thème cher à Ségolène Royal. Alors que Dominique de Villepin mettait en garde contre "les bonnes intentions", la candidate aux primaires socialistes a demandé avec le sourire qu'on ne lui fasse pas de procès en "incompétence". Son débatteur, tout aussi souriant, lui a alors reproché de jouer le registre de la "victimisation". Les deux sont tombés d'accord sur des thèmes de convergence : "les grandes valeurs, la liberté...", mais "il y a des sujets sur lesquels le combat politique est là, et bien là", a souligné Ségolène Royal.

Dans la matinée, chacun avait joué sa propre partition. L'ex-Premier ministre a visité Minatec, un campus regroupant chercheurs et entreprises travaillant dans le domaine des nano et microtechnologies. La candidate aux primaires s'est pour sa part rendue dans le quartier sensible de la Villeneuve, où des violences l'été dernier avaient entraîné le fameux discours sécuritaire de Grenoble du président Sarkozy.

AFP

Auditorium comble pour le débat

16h41. «On aurait dû faire un referendum d’initiative populaire sur les retraites», regrette Royal; «Gauche et droite confondues, l’impuissance et l’immobilisme sont toujours au rendez-vous», renchérit de Dominique de Villepin.

16h34. Ségolène Royal, toujours un peu en campagne: «Je me réjouis de voir un combat pour le maintien d’un lycée. Bon con courage et j’espère que vous gagnerez!», lance-t-elle à l'adresse des manifestants venus s'opposer à la fermeture des classes de secondes pour cause de travaux de rénovation.

16h23. Dominique de Villepin, un brin cynique: «Nous sommes encore en Afghanistan… sans savoir pourquoi nous y sommes»

16h06. Dominique de Villepin (président de République Solidaire), au cours du débat avec Ségolène Royal: «Le retour de la France dans l’Etat-Major de l’Otan est une régression».

16h06. Dominique de Villepin, président de République Solidaire, au cours du débat avec Ségolène Royal: « Le retour de la France dans l’Etat-Major de l’Otan est une régression».

15h54. Benoist Apparu, secrétaire d’Etat au Logement, face à Patrick Doutreligne, délégué général de la fondation Abbé Pierre: «Si on est quasi en phase depuis le début, on commencer à se poser des questions !» Rires dans la salle.

15h28. Des élèves de Mounier, un lycée grenoblois qui n’aura pas de classe de secondes à la rentrée prochaine pour cause de travaux de rénovation, réalisent une chorégraphie «Waka Waka» de Shakira devant l’entrée du forum. Rien à voir avec le sujet mais une bonne occasion de montrer leur opposition au projet.

15h09. Laurent Joffrin, directeur de «Libération», prend la parole avant le débat Royal-Villepin: «Je déclare ouverte non pas la campagne électorale mais la campagne des idées».

Libération

Dominique de Villepin et la République avec des mains

A Grenoble, l'ancien Premier Ministre expose ses propositions concrètes pour moderniser la République et il pose un préalable : "les mots ne suffisent plus. Il faut une République avec des mains."

A ceux qui pouvaient encore céder aux sirènes de rumeurs habilement répandues, il suffisait d'accompagner Dominique de Villepin dans la Capitale du Dauphiné pour dissiper le moindre doute : la campagne 2012 est bien engagée.

Chez ce diplomate, les mots ont un sens et une formule est revenue à plusieurs reprises : "dans la campagne de 2012, nous allons débattre ...".

En ce qui concerne la réforme des Institutions, Dominique de Villepin confirme ses priorités dont la simplification par la réduction des entités territoriale comme la diminution significative du nombre des élus.

Dans son débat avec Ségolène Royal, il a recueilli un enthousiasme certain alors même que la salle était loin de lui être acquise tant sociologiquement que politiquement.

Exprimeo

Dominique de Villepin et la poursuite de l'espoir

Dominique de Villepin, avec à ses côtés notamment Brigitte Girardin et Jean Pierre Grand, rencontre à Grenoble des PME de l'innovation et témoigne une capacité au dialogue qui séduit ces acteurs de l'emploi.

Tout avait été organisé pour permettre un dialogue le plus direct entre des responsables de PME de l'innovation et l'ancien Premier Ministre.

Renaud de Langlade, Président d'une PME et responsable d'une association de jeunes dirigeants d'entreprises innovantes, avait convié un panel très représentatif des hypothèses de développement et de défis pour ces entrepreneurs.

Le dialogue a été très concret, domaine d'activités par segment de marchés.

Dominique de Villepin a écouté, questionné, répondu, exposé ses priorités.

Il a notamment indiqué que des modifications devaient intervenir dans la logique des pôles de compétitivité comme dans l'organisation du capital risque.

Le capital risque se concentre excessivement sur des catégories d'entreprises "peu risquées" et laisse les PME à l'écart notamment lors des périodes trop délicates.

C'est un domaine qui devrait connaître une actualité très forte dans les prochains mois en raison notamment du nombre très élevé de dispositifs de LBO actuellement en sursis ébranlés par la crise depuis 2009.

Des universitaires ont également exposé les difficultés rencontrées par certaines filières.

Mais l'essentiel a résidé dans le souci constructif permanent : aller vers des solutions pratiques.

Si faire campagne c'est d'abord poursuivre un chemin d'espoir sans raconter des histoires, cette rencontre a été un réel moment d'espoir sans la moindre histoire tant les remarques ont toutes été ancrées dans des réalités vécues.

Exprimeo

Villepin modère ses attaques contre Sarkozy

L'ancien premier ministre de Jacques Chirac se concentre désormais sur son projet et présentera des propositions en avril. Il laisse toujours planer le doute sur sa candidature à l'élection présidentielle de 2012.

Dominique de Villepin met la sourdine. Sans rien renier de ses virulentes critiques à l'encontre de Nicolas Sarkozy, l'ancien premier ministre de Jacques Chirac a toutefois décidé de ne plus concentrer exclusivement ses propos contre la politique du chef de l'Etat. Pour Dominique de Villepin, l'heure est désormais au «projet». Le sien, celui qu'il présentera au nom de son mouvement République solidaire dans le courant du mois d'avril. «Mon sujet, c'est d'arriver dans les prochaines semaines à proposer les éléments d'un projet qui puisse offrir des perspectives à notre pays», assure-t-il dans le train qui l'emmène à Grenoble. Là, il doit participer à un débat sur la République avec Ségolène Royal, dans le cadre des «états généraux du renouveau», un forum organisé trois jours durant par Libération et Marianne. «Je suis entré dans le temps des propositions depuis le premier janvier, assure Dominique de Villepin. C'est une autre étape». Celle qui mène à l'élection présidentielle de 2012. Mais de ses ambitions et de sa volonté de se présenter ou pas, Dominique de Villepin ne dit toujours rien. «Les Français ne sont pas dans le temps de l'élection», explique-t-il. Et puis pour lui, avant d'y penser, il y a la deuxième étape du procès Clearstream à franchir. Elle est prévue pour le début du mois de mai.

D'ici là, Dominique de Villepin aura aussi le temps d'observer l'évolution de la situation politique à droite, au centre et à gauche. «Aujourd'hui tout est faux dans le jeu. C'est une partie de billard. Untel est encouragé à se présenter pour décourager tel autre. Tout cela n'a aucun sens, c'est de l'intox». Lui ne croit pas à la candidature de Jean-Louis Borloo: «Est-ce que quelqu'un qui a été ministre dans le gouvernement de Nicolas Sarkozy peut sérieusement envisager de se présenter contre lui?» Comme Ségolène Royal, il aimerait bien voir des sondages tester le potentiel électoral pour la présidentielle de 2012 de personnalités de droite comme François Fillon. Car pour Nicolas Sarkozy, «ce sera de toute façon très compliqué. Le passage de président élu à président candidat sera extrêmement complexe».

Quant à la gauche, Dominique de Villepin jette un regard circonspect sur le processus des primaires du PS. «Les primaires, c'est un combat dans le combat, cela éloigne les citoyens des vrais enjeux. Tout le monde se bat contre tout le monde pour obtenir les voix des citoyens de gauche avant de se rendre compte tout d'un coup qu'il y a aussi des Français», critique-t-il. «La force de Jacques Chirac est de ne s'être jamais placé dans le cadre de primaires», ajoute-t-il. Croit-il au retour de Dominique Strauss-Kahn? Comme tout le monde en fait, Dominique de Villepin n'en sait rien. Mais il estime toutefois que «chaque jour qui passe, dès lors qu'il ne dit pas qu'il n'est pas candidat, il le devient un peu plus».

De toute façon, Dominique de Villepin veut se placer au dessus de tout cela. Rappelant sans cesse son pedigree de gaulliste, il l'assure: «Nous ne sortirons pas notre pays des difficultés qui sont les siennes si nous ne sommes pas capables de sortir des querelles partisanes franco-françaises». Celle qui l'oppose à Nicolas Sarkozy est toutefois loin d'être terminée. Il le rencontrera fin février pour parler du G20. «Cela fait partie du devoir républicain». Il dément en tous cas se rendre à ce rendez-vous pour parler d'autre chose. Et notamment d'une possible réconciliation entre les deux hommes. Si Dominique de Villepin se montre moins agressif à l'encontre de Nicolas Sarkozy, ses critiques demeurent. Ca et là dans ses propos, affleurent des attaques virulentes sur le fond mais moins dures sur la forme. Il est sévère sur la façon dont la France a géré la crise tunisienne. «Lorsque Nicolas Sarkozy a voulu réunir ses ministres après le départ de Ben Ali, il n'y avait plus de ministres. Ils étaient rentrés chez eux. Est-ce que, quand on est ministre, on a vocation à rentrer dans sa circonscription? Je n'ai peut-être pas été élu mais quand j'étais ministre, c'était sept jours sur sept», glisse-t-il.

Le Figaro


Commenter cet article